Je m’en souviens comme si c’était hier. Papa s’était garé Boulevard Henri IV, à l’ombre des platanes. Nous attendions que le concierge ouvre la porte. Il dévait être deux heures mions cinq et ce devait être une belle journée de printemps. Je me revois, assisse dans la R12, à l’arrière. Papa était au volant. Comme il faisait bon, il avait ouvert la vitre. Nous étions, tous les deux, plongés dans nos rêveries…
Tout à coup, un cri terrible me fit sursauter, une sorte de hurlement sauvage, pareil à celui que poussait Johnny Weissmuller quand il sautait de liane en liane. Mon premier réflexe fut de regarder vers les grands arbres. Je m’attendais à voir Tarzan en personne ! Mais non... hélas…
Je réalisai alors que c’était papa qui avait poussé ce curieux rugissement. Maintenant il gémissait, tout en riant et en se tenant le haut de la tête et le menton.
-Aïe aïe aïe ! Hi hi hi ! Hou là là ! ça ne peut arriver qu’à moi !
-Mais qu’as-tu, papa, demandai-je, inquiète.
-Ouille ouille ! tu ne me croiras jamais… Je trouvais que l’air était un peu trop frais, j’ai vite relevé ma vitre mais ce que j’avais oublié, c’est que j’avais la tête dehors !

Rappel : à l’époque, les vitres se remontaient manuellement à l’aide d’une manivelle.

vitre voiture